La jalousie dans le couple

 

La jalousie fait partie de la vie relationnelle, émotionnelle et affective. Il est normal de la ressentir de temps de temps et chacun la vit différemment, avec plus ou moins d’intensité, ce qui engendrera plus ou moins de conséquences également sur soi-même, l’autre et sur le couple.

Pourquoi ces différences ? D’où viennent-elles ? Y-a-t-il plusieurs formes de jalousie ? Commençons d’abord par nous poser la question de sa définition, comment la définir exactement ?

Qu’est-ce que la jalousie ?

 

Alors que la relation de couple est habituellement basée sur une confiance réciproque ; la jalousie, elle, est basée sur la peur, la crainte, justifiée ou non, de perdre l’être aimé, au bénéfice d’un autre partenaire (ou d’une autre occupation). Le « jaloux » ne se sent plus « le prioritaire », « le préféré », « l’exclusif » et c’est insupportable pour lui.

« La jalousie, dans le couple, est une émotion « parasite » qui vient se greffer au sentiment amoureux. »

Voici la définition que propose le dictionnaire (Petit Robert) :

« La jalousie est un sentiment douloureux que font naître, chez celui qui l’éprouve, les exigences d’un amour inquiet, le désir de possession exclusive de la personne aimée, la crainte, le soupçon ou la certitude de son infidélité. »

La jalousie a une dimension imaginaire.

La jalousie est souvent provoquée par différentes raisons :

  • La crainte de ne plus satisfaire le partenaire, notamment sexuellement
  • La crainte que le vieillissement physique n’éloigne le partenaire de soi
  • La crainte de voir l’autre séduit par un « rival » forcément mieux que soi

La jalousie provoque toujours de la souffrance et de nombreux effets qui dépendent de l’intensité de ce sentiment chez celui qui l’éprouve et de sa fréquence. Il existe, en effet, plusieurs types de jalousie. Et il est important de les différencier en faisant la part de choses.

 

jalousie

Quels sont les 5 types de jalousie ?

 

Sans rentrer dans des explications trop psychanalytiques, voici les différents types de jalousie que l’on rencontre le plus fréquemment : la jalousie dite « normale », la jalousie dite « tendancielle » et la jalousie excessive dite « pathologique ». on parle aussi d’une jalousie « rétrospective » ou « projective »;

La jalousie « normale »

 

  • Il peut s’agir d’une jalousie « normale » car réactionnelle. C’est la jalousie émotionnelle que chacun peut ressentir, ponctuellement, suite à un évènement particulier.

C’est le cas ,par exemple, lorsque votre partenaire regarde avec insistance un autre homme ou une autre femme que vous, ou s’il fait des éloges ou des compliments sur ou à quelqu’un d’autre que vous. Cette forme de jalousie est tout à fait naturelle et légitime bien que non systématique. Elle est spontanée et ne dure pas.

Ce type de jalousie, dite « normale » suppose une part de deuil, d’acceptation d’une certaine douleur causée par l’autre. Elle comporte des sentiments hostiles contre le « rival » et une part d’auto critique envers soi-même.

La jalousie « tendancielle »

 

  • Il peut s’agir aussi d’une jalousie « tendancielle» comme un « penchant naturel », un trait de caractère, une tendance de notre tempérament .

C’est le cas des personnes qui sont inquiètes, méfiantes, très souvent sur le « qui vive », qui posent des tas de questions pour se rassurer. Cela peut devenir très pesant pour celui qui la vit comme pour celui qui la subit et donc pour la relation.

La jalousie » pathologique »

 

  • Il peut s’agir, d’une jalousie excessive et pathologique.

C’est le cas des personnes qui se sentent menacées en permanence dans leur exclusivité, qui sont persuadées que leur partenaire les trompent ou va les tromper et qui, du coup, vivent dans la suspicion, le soupçon, au point de chercher des preuves partout et tout le temps qui leur prouveraient qu’ils avaient raison. Ces personnes fouillent, vérifient, contrôlent, questionnent, harcèlent, surveillent, enquêtent… Leurs craintes prennent toute la place, et chaque détail peut être interprété pour confirmer leurs soupçons.

La psychanalyse parle alors de « délire passionnel » caractérisé par : «  une idée fixe : celle que l’autre nous trompe. Cette idée fixe nait d’un doute souvent futile qui se poursuit par la recherche obsessionnelle d’une confirmation à ce doute par une preuve patente. »

Cette forme de jalousie, ce besoin de possession exclusive, de preuves, de justifications, fait vivre un enfer et engendre souvent une rupture si elle n’est pas soignée car elle prend toute la place dans le couple et devient insupportable.

La jalousie « rétrospective »

 

  • Il peut s’agir, encore d’une « jalousie rétrospective »

C’est une forme de jalousie particulière, caractérisée par le fait qu’un des partenaires se torture littéralement sur le passé de l’autre : ses ex, ce qu’ils ont vécu, partagé ensemble, comment ils se sont séparés etc…comme s’il lui reprochait d’avoir existé avant lui et sans lui. Du coup, il torture l’autre à son tour, en le harcelant de questions, avec la hantise d’être comparé et quitté.

La jalousie « projective »

 

  • Il peut s’agir enfin d’une « jalousie projective »

La jalousie projetée ou projective prend sa source dans la propre infidélité de la personne ou dans ses impulsions refoulées à l’infidélité. Ainsi parfois, la jalousie est une projection inconsciente : auriez-vous envie de la (le) tromper ?

 

D’où vient-elle cette jalousie ?

 

La jalousie traduit toujours un manque de confiance en soi. Le jaloux manque, en effet, profondément, d’estime de lui-même et c’est ce qui le fait douter en permanence. Il a peur d’être supplanté ou abandonné .

 

La jalousie provient toujours de blessures dans l’enfance qui n’ont pas été identifiées ni soignées, par exemple une rivalité fraternelle, une préférence des parents pour un frère ou une sœur, des injustices de leur part qui nous font ressentir le manque d’amour, la frustration, l’injustice, et nous relèguent en seconde position….La personne jalouse est désespérément en quête de reconnaissance et d ‘amour.

 

Souvent, en plus de faire souffrir l’être aimé qui passe par des réactions émotionnelles permanentes (colère, mépris, repli sur lui-même, peurs, dissimulation de peur d’attirer le courroux du jaloux..), la jalousie fait également beaucoup souffrir le jaloux qui ressent de la culpabilité, de l’agressivité, et qui est victime de ses fantasmes imaginaires et de ses pensées obsessionnelles. Quand la jalousie atteint ce stade, on parle de maladie car cette manifestation est devenue non pas ponctuelle et relative à un événement, donc normale, mais au contraire permanente et donc pathologique.

 

Quand la jalousie n’est plus légitime mais obsessionnelle, il est vital pour réduire la souffrance, de consulter un thérapeute pour en comprendre l’origine et s’interroger sur les raisons profondes de ce sentiment qui est devenu permanent : Comprendre pour soigner les blessures anciennes et se donner une chance de guérir :

  • Pourquoi ce manque cruel de confiance en soi ?
  • De quoi a-t-on peur en réalité ?
  • Quels sont les évènements qui ont pu générer cette immense crainte d’abandon ?
  • Quels sont les éléments déclencheurs ou les évènements qui l’ont réveillée ?Comme nous venons de le voir, la jalousie peut prendre différentes formes. Elle constitue une réaction normale à la peur de perdre l’être aimé mais lorsqu’elle devient obsessionnelle, il est bon de consulter un thérapeute pour comprendre les raisons profondes de ce sentiment « parasite » avant qu’il ne devienne « destructeur ».

 

Comme nous venons de le voir, la jalousie peut prendre différentes formes. Elle constitue une réaction normale à la peur de perdre l’être aimé mais lorsqu’elle devient obsessionnelle, il est bon de consulter un thérapeute pour comprendre les raisons profondes de ce sentiment « parasite » avant qu’il ne devienne « destructeur ».

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