Être un en restant deux

1+1=1

La communauté conjugale consiste à passer du « Je » au « Nous » et à créer à 2 une réalité nouvelle et unique.

Le « Nous » est un pari sur l’autre et sur l’amour.  C’est un appel à « parfaire » l’autre, l’aider à devenir lui-même, lui permettre, grâce à nous, de se déployer.

Posons-nous d’ailleurs la question :

  • Suis-je un « tremplin » ou un «  obstacle » pour toi ?
  • Et toi, es-tu celui qui « me permet de » ? ou celui qui « m’empêche »de ?

La communauté n’est pas la fusion.

Au début de la relation, il est possible de confondre les 2 et de vivre en communion totale avec notre compagnon mais si ce fonctionnement s’installe dans la durée et que nous nous accrochons possessivement à lui, comme à un refuge ou une bouée de sauvetage, il est probablement le signe d’une fragilité et d’une immaturité qui risquent, à la longue, de lasser l’autre et de l’étouffer (aller travailler cela avec un professionnel  pour faire évoluer les choses)

La communauté n’est pas l’union totale ou la liberté totale.

Le-défi-du-couple2

Tout couple, marié ou pas, devra, par d’inévitables concessions, gérer cette difficulté constante qui consiste à concilier la liberté et l’union totale. Tout couple devra apprendre à trouver la bonne distance.

Pour vivre, grandir et se développer, un couple a besoin, en effet, de « respirer » en alternant des temps forts de liberté où chacun pourra faire ce qui l’épanouit et des temps forts d’unité à 2, d’union profonde, où l’on partage ensemble en paroles ou en actes. Cette respiration alternée est vitale pour la bonne santé de la relation car elle correspond aux 2 aspirations fondamentales de l’être humain (cf. D.SONET) :

  1. Le désir d’être: désir de vivre pleinement, d’exister, d’être reconnu, de se réaliser, de grandir.
  2. Le désir d’être avec: désir de relation, de partage, de communion, de tendresse.

Cela suppose des couples vraiment adultes qui respectent les différences, se gardant d’étouffer la personnalité de l’un comme cela arrive pour les couples qui ne sont qu’1 et ne sont plus 2, où l’un va imposer les choses à l’autre, l’écraser, le phagocyter.

A l’inverse, il existe aussi des couples qui sont 2 mais ne sont plus 1, où chacun prend le droit de faire ce qui lui plait, privilégiant la liberté aux dépends de l’unité. Souvent, l’un ou l’autre ressentira la privation de grands moments de communion. Dans les deux cas, la relation sera déséquilibrée.

La communauté n’est pas tout faire ensemble

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La communauté, ce n’est pas non plus tout faire ensemble mais tout faire en fonction de l’autre. L’être aimé doit être présent pour nous en pensée ou dans notre cœur.

Les bonnes conditions pour un « Nous » harmonieux

  • S’aimer soi même

Il faudrait tout d’abord s’aimer soi même, avoir une bonne estime de soi, car comment aimer véritablement l’autre (sans l’envier, le jalouser, s’accrocher à lui pour combler nos manques) si l’on ne s’aime pas ?

Quand on ne s’aime pas soi-même, le besoin d’être aimé augmente. On demande alors à l’autre de compenser ce que l’on ne s’offre pas et cela peut devenir démesuré. On pense aimer mais cela veut dire en fait, aime moi ! Un travail de rééducation sera alors indispensable.

  • Être capable de vivre seul

Une personne est vraiment adulte quand elle est capable de se prendre en charge et qu’elle est capable de solitude. A l’idéal, il faudrait donc vivre célibataire avant d’être marié ou d’être en couple. Ne pas avoir un « besoin vital »  de l’autre, ce qui reviendrait à « l’utiliser ».

  • Dialoguer

Pouvoir dialoguer et accepter le conflit qui est normal et nécessaire et qui permet les réajustements.

  • Accepter une certaine rupture

Accepter une certaine rupture, une certaine distance avec notre passé, notre famille, c’est-à-dire privilégier notre nouvelle famille, notre conjoint et nos enfants, les soutenir en priorité.

Conclusion

Le défi du couple consiste à n’être qu’1 en restant 2 (1+1=1).

En conclusion, je vous invite donc à vous poser quelques questions :

Est-ce-que je privilégie mon désir d’être ?

Est-ce-que je privilégie mon désir d’être avec ? Ou ai-je négligé l’un au profit de l’autre créant ainsi un déséquilibre qui peut fragiliser mon couple ?

Qu’est-ce-que je suis prêt à mettre en place pour rééquilibrer ces deux grandes aspirations ?

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