Estime de soi : Comment donner les bonnes bases à votre enfant ?

Estime de soi : Comment donner les bonnes bases à votre enfant ?

Comment développer l’estime de soi de votre enfant dès sa naissance ?

L’estime de soi est un passeport pour la vie.

Dans cet article je vais vous aider à offrir ce passeport à votre enfant en tenant compte des quatre composantes indispensables à l’acquisition d’une bonne estime de soi.

Comment se construit l’estime de soi ? Petit rappel

L’estime de soi se construit et se développe tout au long de la vie. Elle fluctue en fonction des évènements, c’est un processus continu.

Dans ce processus, les premières années ont une importance considérable car elles sont le fondement, la base psychique de l’être humain.

C’est comme un réservoir qui viendrait se remplir petit à petit avec nos forces et nos capacités. C’est la conscience de nos forces et de nos capacités qui nous permettra plus tard de nous adapter à toutes les réalités et tous les défis de la vie.

Le développement de l’estime de soi s’intègre entièrement à l’éducation des enfants. Vous avez donc, en tant que parents, une responsabilité fondamentale pour alimenter ce processus par des moyens concrets et des attitudes éducatives appropriées (telles que : attitude chaleureuse, présence, attention, validation du positif, foi dans la capacité de votre enfant à relever les défis, pas de mots blessants…) Les parents ont pour mission de guider leur enfant vers l’autonomie, vers l’espoir en l’avenir et de les accompagner dans leur vie relationnelle, affective, sociale, intellectuelle et morale.

Pour que l’estime de soi se développe au mieux, il va s’agir de prendre en compte 4 composantes décrites par de nombreux spécialistes dont : Christophe ANDRE, Isabelle FILLIOZAT, Josiane de ST PAUL, Germain DUCLOS.

Quelles sont les quatre composantes à développer dès la naissance ?

  1. Le sentiment de sécurité et de confiance
  2. La connaissance de soi
  3. Le sentiment d’appartenance à un groupe
  4. Le sentiment de compétence

1-Comment aider votre enfant à développer et acquérir un sentiment de sécurité et de confiance ?

Isabelle FILLIOZAT parle de « confiance de base », Christophe ANDRE du « rapport à la vie ».

Ce sentiment de sécurité et de confiance se construit entre 0 et 2 ans. Il est préalable à l’estime de soi. Contrairement aux trois autres composantes, Il faut d’abord ressentir ce sentiment de sécurité profondément et le vivre pour être disponible ensuite et apprendre ce qui est nécessaire pour nourrir l’estime des soi.

Eduquer un enfant c’est remplir deux tâches éducatives fondamentales :

  1. Répondre à ses besoins de développement
  2. Lui transmettre des valeurs

Quand l’enfant se sent aimé par des adultes qui répondent adéquatement à ses besoins, il peut faire siennes les valeurs vécues par eux. Ce qu’un enfant demande à ses parents, c’est de reconnaître son existence et de confirmer sa valeur.

A cette étape, le bébé dépend entièrement de son entourage. Son besoin de sécurité est vital. La sécurité intérieure est contagieuse, important pour le parent de l’apprendre ou de la travailler pour soi si on veut pouvoir la transmettre (d’où école des parents…Parentalité…d’où mon site…).

L’enfant a également besoin de sécurité physique, d’abord extérieur ou exogène (milieu à organiser en ce sens à la maison et à la crèche) qui conduira progressivement à une sécurité physique intérieure ou endogène pour faire place petit à petit à une attitude de confiance face aux autres et à soi-même.

L’enfant a également besoin d’une sécurité psychologique, grâce aux soins qu’on lui prodigue. Il a besoin de :

  • La présence stable des adultes autour de lui. Difficile aujourd’hui dans notre contexte social, l’enfant est au contact de trop d’adultes, moins de temps et de pleine attention à lui consacrer.
  • Une ration affective quotidienne avec des contacts physiques, des moments privilégiés avec ses parents, il ne doit pas sentir qu’il dérange.
  • La stabilité d’humeur de ses parents. Lui dire si on est fatigué, s’occuper de ses propres besoins avant ceux de l’enfant….
  • Une stabilité temporelle, pas trop de changements, horaires réguliers, routine, sinon le prévenir.
  • Des repères spatiaux stables, chambre, espace de rangement.
  • Des règles de conduites sécurisantes, non pas pour le bien-être des parents mais pour protéger l’enfant, le sécuriser. Développer l’autodiscipline. L’enfant doit se sentir protégé des dangers et apprendre à connaître les limites de son milieu. Ces règles vont développer sa conscience morale et sociale au fil du temps. Elles doivent être claires (faciles à comprendre, selon les valeurs prioritaires et non secondaires que le parent veut transmettre), concrètes (l’enfant doit savoir ce qu’on attend de lui), réalistes, constantes, cohérentes (transmettre des valeurs passent de 2 façons : exemple et règles de conduite), conséquentes (l’enfant doit apprendre à assumer les conséquences de ses actes sur lui-même et sur les autres pour intégrer le sens de sa responsabilité, logiques et naturelles, s’il renverse du lait, il nettoie. Pour développer l’estime de soi, la conséquence logique à l’écart de conduite doit prendre la forme d’un geste réparateur constructif qui va permettre à l’enfant de saisir les liens de cause à effet. L’adulte doit alors souligner son geste pour ne pas rester sur du négatif. Faire la distinction entre punition et réparation. La réparation est liée à l’acte contrairement à la punition, le risque étant avec cette dernière, si l’enfant ne répète pas sa faute, que ce soit par peur de la punition et non parce qu’il a compris sa responsabilité.
  •  Une discipline incitative et non répressive. Opter pour l’encouragement des comportements positifs, les reconnaître pour leur valeur. Appliquer le régime des 3R : Reconnaissance (souligner les bons comportements par une validation ou des félicitations afin que l’enfant prenne conscience de sa valeur et de ses gestes), Réparation (réduit le sentiment de culpabilité), Rachat (accorder à l’enfant la chance de « racheter » un privilège perdu s’il se conduit bien pendant une période de temps déterminée car cela lui montre qu’il peut réparer une erreur commise et c’est aussi lui pardonner. Il comprend qu’il a droit à l’erreur et il voit l’adulte comme un être souple, chaleureux, qui reconnaît ses efforts et en qui il peut faire confiance.

L’enfant a besoin de développer la confiance. Le noyau de l’estime de soi se retrouve dans la relation d’attachement que l’enfant tisse avec les adultes qui prennent soin de lui. Quand ces derniers prennent en comptent tous les éléments cités précédemment, l’enfant développe peu à peu une sécurité intérieure et donc de la confiance. Ce contexte d’attachement inconditionnel donne à l’enfant le sentiment qu’il est important puisqu’on prend soin de lui et il en dégage une première conscience de sa valeur intrinsèque.

Dans cette construction, importance des besoins affectifs et des contacts physiques. Besoin d’être porté, pris dans les bras, embrassé, bercé, caressé, touché, regardé, consolé pour nourrir l’attachement et la confiance en la vie, en l’avenir, en l’autre et plus tard en soi. Le sentiment de confiance se consolide quand l’adulte tient ses promesses et qu’il fait confiance à l’enfant en croyant en ses capacités. Le sentiment de confiance chez l’enfant se manifeste par des états de détente, de bien-être, d’optimisme. Les parents doivent d’abord s’occuper d’eux-mêmes et se faire confiance pour que les enfants en bénéficient.

2-Comment aider votre enfant à se connaître ?

Isabelle FILLIOZAT parle de « Confiance en sa personne propre » et Christophe ANDRE, du « Rapport à soi ».

La connaissance de soi est nécessaire pour acquérir l’estime de soi.

« Apprendre à se connaître avant de pouvoir se reconnaître », c’est sur cette base de connaissance de soi que l’enfant en vient à intérioriser le sentiment de sa valeur personnelle.

Apprendre à se connaître est un processus qui dure toute une vie. Il se construit lentement chez l’enfant au cours des étapes de son développement, depuis la dépendance vers l’autonomie.

Durant la petite enfance la connaissance de soi chez l’enfant dépend des personnes qui l’entourent et se développe grâce à ses interactions avec les autres. Peu à peu, il prend conscience de ses différences, de ses habiletés, de ses caractéristiques physiques, de ses besoins, de ses sentiments et de ses capacités physiques, intellectuelles et sociales. Pour se connaître, l’enfant doit constater qu’il a des ressemblances et des différences dont certaines à son avantage. L’enfant a besoin qu’on l’apprécie pour ce qu’il est.

GREENWALD parle du :

  • « Soi diffus » : A la naissance, symbiose, fusion avec le parent
  • « Soi public » : L’enfant, prend conscience des autres et de lui à travers les yeux des autres et se limite à la réaction de l’entourage ;
  • « Soi privé » : Vers 7 ans, l’enfant est capable de se connaître, il parvient à poser des jugements personnels sur ce qu’il connaît de lui-même.

L’autonomie

L’autonomie de l’enfant ne peut s’acquérir qu’à travers ce qu’il apprend. Quel que soit son âge, chaque fois qu’un enfant apprend une nouvelle chose, il rompt un lien de dépendance par rapport à son entourage. Il grandit et devient davantage lui-même.

Peu à peu, l’enfant apprend à se distancier des personnes qui ont de l’importance à ses yeux et à se différencier d’elles. C’est ce qu’on appelle le processus de séparation/individuation, à partir duquel l’enfant en arrive à mieux se connaître et à construire une connaissance de soi qui sera à la base de son identité. Il se découvre comme un être unique au monde. Il est très important que les parents encouragent leur enfant à apprendre pour acquérir l’autonomie et se séparer de lui, c’est d’ailleurs le but de l’éducation.

La connaissance de soi et la certitude d’être une personne à part entière se développe graduellement :

  • 9 à 12 mois : l’enfant se reconnaît dans un miroir
  • 15 à 18 mois : Il arrive à se distinguer des autres sur les photos
  • 18 à 20 mois : Il découvre qu’il est un garçon ou une fille
  • 20 à 3 ans : Il s’affirme, se reconnaît différent, dit « JE », « NON »

Cette affirmation de soi crée une distance, une séparation et souvent une ambivalence car l’enfant est tiraillé entre son désir de s’affirmer et son besoin d’être aimé (idem pour l’adulte qui doit accepter l’éloignement).

Accepter l’enfant dans son identité

C’est dans le regard des autres, en particulier dans celui des personnes qu’il aime que l’enfant trouve la confirmation de son existence. Il a besoin de reconnaissance et cherche à capter le regard. « Plus un adulte compte pour l’enfant, plus il a d’impact sur la connaissance de soi et l’estime de soi chez l’enfant ». Petit, les jugements de ces personnes en particulier sont le principal moyen de l’enfant de se connaître et de s’auto évaluer. Plus tard, d’autres points de vue viennent s’y ajouter (amis, adultes). Tout au long de son histoire, il prend conscience de sa valeur et la remet en cause.

Pour favoriser l’estime de soi, il est vital de la part des parents qu’ils témoignent à l’enfant un attachement inconditionnel, indépendamment de ses résultats. Ainsi l’enfant en vient à juger que sa valeur est une base solide et stable et il acquiert petit à petit la conviction intérieure d’être quelqu’un de bien et en évolution. Pour en arriver à cette attitude, les parents doivent, au préalable, avoir fait le deuil de l’enfant rêvé (risque de stress de performance) pour laisser la place à l’enfant réel.

Valoriser son enfant

Il s’agit d’observer vraiment son enfant pour lister ses forces dans tous les domaines : physique, intellectuel, social, personnel…Tenir compte aussi des difficultés de l’enfant, qui ne sont ni des limites ni des handicaps, au contraire, les considérer comme temporaires et comme des défis à relever.

L’aider dans ses difficultés en lui faisant comprendre qu’il a la capacité de faire face s’il utilise les bons moyens et s’il persévère dans ses efforts. Cela lui démontre qu’il a confiance en ses capacités et donc l’encourage et lui donne de l’espoir.

Il est essentiel que tout enfant se sente aimé et estimé autant pour ce qu’il est que pour ce qu’il fait. Il n’est pas uniquement un être d’action ! Beaucoup d’enfants ne parvenant pas à satisfaire les exigences dans ce sens, se sentent dévalorisés, or, ils possèdent souvent une richesse du cœur qui se manifeste par une grande sensibilité à l’autre et la générosité

La connaissance de soi se transforme en sentiment d’identité à partir duquel se développe l’estime de soi. L’enfant doit connaître ses capacités comme ses difficultés. Cela n’est possible que si ses parents lui on dit clairement, à voix haute et régulièrement ce qu’il faisait de bien.

Vers 7/8 ans, apparition d’une pensée critique et logique. L’enfant a besoin des réactions positives de son entourage pour alimenter sa propre estime de soi. Son monologue intérieur joue alors un rôle déterminant.

Cultiver l’empathie

Les parents doivent « être amoureux » de leur enfant et développer leur capacité d’empathie vis-à-vis de lui en décodant le sentiment ou besoin qui sous-tend ses comportements (ex : « ça te fâche quand tu ne réussis pas du premier coup ? »).

L’adulte doit reconnaître que tout sentiment est légitime et rassurer l’enfant sur son droit d’exprimer ce qu’il ressent. Il doit l’aider à exprimer ses émotions et ses besoins de façon adaptée. Ainsi l’enfant apprend à se connaître.

Pratiquer une éducation positive

Autrefois l’éducation consistait à la recherche des lacunes et des fautes, ce qui a conditionné des réflexes négatifs chez les parents d’aujourd’hui.

Les adverbes « Toujours et jamais » rendent les enfants impuissants et les empêchent de changer. Soyez vigilants.

Attention à la violence verbale destructrice (violence physique pas loin). C’est un viol de l’amour propre ou de la dignité de la personne qui perturbe gravement l’estime des soi. Il y a des mots qui caressent et des mots qui blessent. Parlez de façon respectueuse à votre enfant. Pour développer le respect de lui-même, il doit se sentir respecté par les autres.

Pour qu’un comportement devienne habituel, les parents doivent manifester leur contentement vis-à-vis de ce comportement.

Toute personne se construit une identité soit positive soit négative. Lorsqu’un enfant reçoit à répétition des réactions négatives, il intériorise une image négative de lui-même et l’intègre à son identité. Il adopte des attitudes, fait des gestes et s’exprime alors en conformité avec cette identité.

Pour redévelopper son estime de soi, on peut l’amener graduellement à acquérir et surtout à conserver des images positives de lui-même (il ne peut conserver le souvenir d’être bon car il doit défendre son identité négative au risque de se retrouver sans identité, ce qui est impossible. Il s’accroche donc) avec différentes stratégies à trouver, ex : A l’heure du coucher, rappelez à votre enfant 3 comportements positifs qu’il a eus dans la journée et quittez immédiatement la chambre pour que cela s’imprime avant qu’il annule ces infos).

3-Comment aider votre enfant à développer un sentiment d’appartenance ?

Isabelle FILLIOZAT parle de « Confiance relationnelle » et Christophe ANDRE, du « Rapport à l’autre ».

L’être humain a besoin de se sentir relié aux autres et d’appartenir à un groupe. Il va s’agir de développer chez l’enfant des habiletés dans ce sens. Chacun a besoin d’être reconnu pour exister. Ce sont les autres qui nous confirment notre existence. Pour développer ou maintenir l’estime de soi, il y a deux formes de reconnaissance nécessaires :

  • La reconnaissance de sa singularité
  • La reconnaissance de sa conformité

Quand l’enfant participe à des activités communes, il reçoit une confirmation de son existence comme individu car il a une place, accordée par ses camarades. Il sent qu’il appartient au groupe, comme les autres et cela le rassure et le construit.

Cultiver des attitudes prosociales

Favoriser le passage de la fusion/attachement, base de l’estime de soi, à l’ouverture aux autres, donc au monde social. Chaque enfant a son propre rythme pour cela.

  • 2 ans : Il adore la présence des autres et des autres enfants qu’il observe et imite. Il apprend à tolérer l’autre.
  • 4 ans : Il a besoin d’amis pour apprendre les apprentissages sociaux même s’il est encore incapable d’altruisme et de coopération. Il observe beaucoup le comportement de l’adulte qu’il cherche à imiter. Le parent doit d’abord être un modèle de résolutions de conflits.
  • 7 ans : C’est une période de latence qui lui permet d’aller vers les autres, où l’enfant se mesure aux autres et découvre ses propres talents. Il ressent alors sa valeur aux yeux des autres. Ses camarades sont des miroirs et des modèles : observation/imitation/comparaison. Vers 7 ans, il devient capable d’évaluer ses forces, ses difficultés et d’ajuster l’estime qu’il a de lui.

Cultiver des compétences sociales

L’école représente une microsociété où l’enfant doit acquérir des compétences sociales en 5 étapes : prise de contact, affirmation de soi, conscience des autres, contrôle de soi, résolution des conflits.

  1. Prise de contact : Il a envie de jouer avec d’autre sans savoir comment s’y prendre. Leur apprendre à saluer, à dire bonjour (politesse), pour être reçu et accepté. Lui apprendre aussi à ne pas s’imposer à l’autre. Pour cela être un modèle d’imitation en lui faisant pratiquer des façons adaptées d’entrer en relation. Bien indiquer à l’enfant en cas de rejet, que c’est le comportement maladroit que les autres n’aiment pas et non pas sa personne.
  2. L’affirmation de soi : Guider l’enfant pour qu’il s’affirme dans ses gestes, ses paroles, l’ensemble de son comportement, en lui faisant prendre conscience de ses qualités et points forts. Il devrait pouvoir se dire et affirmer :

« J’ai une valeur en tant que personne avec mes forces, mes qualités, mes talents et mes difficultés. Je vis de émotions, des sentiments, des désirs, des besoins, j’ai aussi des idées ; Je m’attends à ce qu’ils soient écoutés, considérés, respectés. »

Apprendre à son enfant à demander de l’aide.

Développer sa capacité à faire des choix personnels et à en assumer les conséquences positives et négatives, à se faire respecter et à respecter les autres.

Prendre sa place et pas celle des autres (s’affirmer n’est pas agresser) par des comportements adaptés. Lui apprendre à communiquer adéquatement, à s’accepter dans son être et dans son paraître.

Son affirmation personnelle va passer par :

  • Ce que je suis (qualités, habiletés, difficultés)
  • Ce en quoi je suis différent
  • Ce que j’aime et que je n’aime pas
  • Ce que je ressens
  • Ce que je pense
  • Ce que je choisis
  • Ce que je décide

Attention à ne pas surprotéger un enfant, sinon on lui envoie ce message « Je crois que tu es incapable de faire face à …que tu es trop faible, donc je vais le faire à ta place », l’enfant en conclut qu’il doit attendre les solutions de l’extérieur et qu’il ne peut rien faire par ses propres moyens, ce qui le déprécie et détruit petit à petit sa confiance en lui-même.

  • La conscience des autres : Entre 8 et 12 ans, la plupart sont parvenus à se dégager d’une partie de leur égoïsme mais pas toujours, ce qui peut faire obstacle à la socialisation. Pour qu’ils soient bien acceptés partout, les aider à prendre conscience des autres, de leurs besoins, de leurs sentiments, par leurs paroles, leurs gestes ou leur attitudes non verbales. Le féliciter quand il tient compte d’autrui en démontrant des capacités de collaboration et d’écoute.

Cela consiste à lui transmettre des valeurs (générosité, entraide). L’inciter régulièrement à se décentrer, se mettre à la place des autres pour partager ; aider. Le stimuler et le féliciter.

  • Le contrôle de soi : L’apprentissage de l’auto contrôle est un long processus qui débute dès la petite enfance. Il a alors besoin de se sentir sécurisé par un contrôle extérieur puis devra parvenir à un équilibre entre les deux pôles opposés de la conduite humaine : l’inhibition (oser faire, oser dire) et l’impulsivité (freiner). Attitude ferme et chaleureuse, suggestion de stratégies. En cas de difficultés d’adaptation sociale, urgent que l’enfant prenne conscience de ses besoins et émotions puis apprenne à les exprimer adéquatement. L’amener à faire les liens de cause à effet entre ceux-ci et ses comportements. Le rassurer, il a le droit d’être fâché mais doit exprimer sa colère dans le respect de l’autre ( avec des mots).
  • La résolution des conflits : Lui apprendre les habiletés sociales, (clés de communication relationnelle) en lui apprenant la méthode GORDON :
  • Identifier le problème
  • Chercher des solutions
  • Choisir une solution
  • Mettre en place la solution choisie
  • Evaluer les résultats

Avoir des projets de groupe

Donner à l’enfant des occasions de participer à des activités collectives. Les projets de groupe auxquels chaque enfant apporte sa contribution personnelle en respectant règles et consignes sont essentiels. Il découvre progressivement qu’il peut être utile socialement. Lui confier des petites responsabilités domestiques et scolaires. L’inviter aussi à encourager et féliciter ses camarades ainsi qu’à leur rendre service quand ils en ont besoin.

Cultiver le groupe familial

La famille, la fratrie sont le premier groupe où se vivent les échanges, les antagonismes, les négociations. Le premier sentiment d’appartenance d’un enfant se manifeste donc vis-à-vis de sa famille, première niche sociale.

Cultiver ce sentiment qui grandira quand on lui parlera de l’histoire de cette famille, ses traditions, ses ancêtres, sa famille élargie…Cultivez les traditions et les valeurs familiales en provoquant des évènements familiaux privilégiés, des fêtes, anecdotes, photos, souvenirs, récits. L’enfant y puisera et découvrira qu’il a des racines et qu’il se situe dans une continuité.

Pour créer un sentiment d’appartenance, il faut créer des projets de groupe donc, organiser des activités collectives ou des projets, des activités en famille (sorties, fêtes, vacances…) où chacun peut s’investir et participer. C’est le rôle des parents de proposer, fédérer, organiser et cela réduit beaucoup le sentiment de solitude de chacun.

Cultiver le groupe scolaire et le groupe d’amis

Le cercle des amis est à cultiver en priorité pour que l’enfant se sente reconnu, accepté et aimé. Ce besoin est impératif à l’adolescence pour se distancier des parents et trouver son identité propre en développant une bonne image de soi.

Accepter les différences, les ethnies, les cultures, ouverture à la diversité des richesses de l’humanité.

Cultiver un bon contact entre parents et enseignants, s’investir dans l’école et les associations avec les enfants.

4-Comment aider votre enfant à développer un sentiment de compétence ?

Isabelle FILLIOZAT parle de « Confiance en mes compétences » et Christophe ANDRE de notre « Rapport à l’action ».

Un individu acquiert 80% de ses connaissances en dehors de l’école. Donc, quand l’enfant rentre en maternelle, il possède déjà tout un bagage de connaissance qu’il doit à ses parents en grande partie. Ses connaissances se sont faites par le lien tissé entre eux.

Soutenir et guider les apprentissages préscolaires et maintenir ensuite l’intérêt porté à tout ce que l’enfant apprend sans démissionner, en se faisant aider si besoin.

Définition du sentiment de compétence : Intériorisation et conservation des souvenirs de ses expériences d’efficacité et de succès personnels dans l’atteinte de ses objectifs.

Pour vivre un sentiment de compétence, l’enfant ou l’ado doit se fixer des objectifs personnels. Ce sentiment est un résultat. Il se développe au cours des années, après de multiples expériences de réussite dans l’atteinte des objectifs.

Deux étapes préalables au sentiment de compétence :

  1. Sentiment de réussite centré sur le résultat final (fierté, augmentation de la motivation pour d’autres projets, le féliciter à haute voix de ses succès)
  2. Sentiment de réussite centré sur le sentiment d’efficacité (fierté due à la juste perception des relations logiques et causales entre les attitudes adoptées et le succès dans l’atteinte d’un résultat.

Ce sentiment d’efficacité survient quand l’enfant devient conscient que le résultat n’est pas obtenu par magie mais par l’aboutissement d’une démarche. L’enfant comprend alors qu’il a le pouvoir pour y arriver et pour s’améliorer. Dans le cas contraire, il vivra du stress de performance ou un sentiment d’impuissance avec risque de dévalorisation.

Equation logique des apprentissages :

Attitudes (attention, motivation, responsabilité.) + Stratégies (moyens ou façons de faire) = Résultat (succès ou échec dans l’atteinte de l’objectif).

Objectifs réalistes

Le défis d’apprentissage doivent être conformes aux capacités des enfants et être adaptés à leur niveau de développement, en concordance avec leur rythme de développement. Sinon l’enfant n’éprouve pas de plaisir, il se démotive et se dévalorise. Donc, défis et objectifs réalistes = équilibre entre une trop grande difficulté et une trop grande facilité.

Pour cela, le défi doit être :

  • Concevable
  • Crédible
  • Contrôlable
  • Mesurable
  • Désirable
  • Clair
  • Constructif
  • Limité dans le temps

Développer des attitudes pour apprendre

Les deux bases de tous les apprentissages sont le jeu et l’imitation.

Les activités ludiques se regroupent en 5 catégories :

  • Exploration (découverte des propriétés des objets : sonorité, texture, densité, profondeur, liens de cause à effet, curiosité en action !)
  • Jeux moteurs (développement neuro moteur, motricité, coordination, dissociation, tonicité, équilibre statique et dynamique, freinage)
  • Jeux symboliques (curiosité intellectuelle, symbolisation)
  • Jeux de construction (coordination visuomotrice, motricité fine, organisation spatiale)
  • Jeux de règles (exécution de consignes, tenir compte des autres, attendre son tour, suivre une démarche)

L’enfant doit aussi développer 4 attitudes de base, avant le début de l’école :

  1. Attention (capacité d’attention de plus en plus grande, sélective à développer, micro graduer les difficultés, assurer motivation, influer avec un bon sommeil, une bonne alimentation…)
  2. Motivation (faite de désir et de volonté, ensemble des forces qui poussent à agir en anticipant plaisir ou utilité à accomplir.

Provoquer des délais entre les désirs et les satisfactions pour permettre la frustration puis la satisfaction.

Fournir modèle et curiosité pour les activités intellectuelles, telle que la lecture. La motivation augmente si l’enfant éprouve du plaisir à faire avec la personne qui l’accompagne. Elle doit provoquer du succès à souligner pour qu’il comprenne qu’il maitrise habiletés et compétences :

 Motivation+ Engagement et Persévérance Efficacité et Fierté = Estime de soi et base du processus d’apprentissage. Encourager efforts et plaisir plus qu’efficacité et résultats. Valoriser énergie et temps consacré.

Pour que l’estime de soi augmente, l’enfant doit manifester une compétence dans un domaine jugé important et obtenir l’approbation des personnes qui comptent pour lui.

Faire des liens avec la vraie vie : Avant l’âge scolaire, l’enfant apprend des choses reliées à ses besoins immédiats, à son environnement. A l’école, en revanche, il apprend des choses qui lui semblent éloignées de sa vie quotidienne et dont il ne voit pas l’utilité donc pas envie d’apprendre si pas d’intérêt. Il faut donc l’amener à faire des liens entre ce qu’il apprend et l’application de ces connaissances dans la vraie vie. Tout apprentissage doit avoir un sens, une utilité concrète. Soutien continu à lui fournir. Rassurer, si résultat -, valeur et intelligence intactes.

-L’aider à acquérir une méthode personnelle de travail :

-Objectif (juste perception)

-Etapes (anticipation de la succession des étapes à franchir)

-Durée (anticipation de la durée, du temps à consacrer à chacune)

-Moyens et stratégies (à utiliser au cours de chacune des étapes)

-Autoévaluation (anticipation d’un moyen d’autoévaluation/objectif)

  • Autonomie : Tout comme l’estime de soi, la capacité d’autonomie varie selon chacun et selon les domaines. La favoriser en évitant la surprotection, en développant la capacité de choisir, utiliser « le dirigisme dégressif » (+ l’enfant est autonome dans un domaine, – le parent doit être directif). 
  • Responsabilité : Les responsabilités scolaires sont les premières que l’enfant doit assumer en dehors du milieu familial. L’aider à comprendre l’utilité du travail scolaire et à prendre des responsabilités, à trouver l’énergie et à courir le risque de se tromper. Encourager la persévérance, c’est-à-dire la persistance dans l’effort et les difficultés. Ne pas excuser ses actes en reportant ses torts sur l’école, ce qui lui retirerait sa responsabilité personnelle (Ex : « Ton enseignant, tu ne peux le changer, mais toi oui, que pourrais-tu faire ? » pour encourager le pouvoir sur lui-même et non sur l’autre)

Développer des stratégies pour apprendre

Plus l’enfant maîtrise de stratégies, plus il sera capable de résoudre des problèmes et de s’adapter à des situations. La régulation ou l’ajustement des stratégies favorise la flexibilité et la souplesse de la pensée.

Apprendre à apprendre selon ses capacités et son propre rythme d’évolution.

L’erreur au service de l’apprentissage : On ne peut apprendre sans faire d’erreur. L’erreur est nécessaire dans un processus dynamique d’apprentissage. Les parents doivent aider l’enfant à les corriger et utiliser les moyens pour ne pas les répéter. Pour cela l’enfant doit les accepter sans les prendre pour des échecs, ce qui risque de développer le perfectionnisme ou la capitulation.

Attention aux parents trop exigeants ou intolérants à leurs propres erreurs. Les parents sont perçus par l’enfant comme des êtres parfaits car ils n’admettent pas leurs erreurs. L’enfant se sent donc dans l’obligation d’être comme eux afin d’être digne d’eux. Il est donc souhaitable que les parents parlent de leurs erreurs afin de permettre à leurs enfants d’accepter d’en faire, eux aussi. Ils se sentent trop souvent obligés de répondre à tous prix aux exigences des adultes qui privilégient les résultats au détriment du processus d’apprentissage.

Le stress facteur dynamisant : Une certaine quantité de stress est nécessaire au fonctionnement normal de l’être humain et le système nerveux a besoin de stimulations pour bien fonctionner. Lorsqu’il est bien géré, le stress peut donc nous stimuler à surmonter les difficultés et relever les défis en exploitant nos capacités et nos talents. En revanche il peut être pénalisant quand ils poursuivent un objectif uniquement pour répondre aux attentes des adultes.

Le stress frein et facteur de détresse : Le stress peut malheureusement devenir souffrance s’il est guidé vers la performance. Or, les parents face à une société difficile et exigeante sont de plus anxieux et vont développer une obsession de réussite et du perfectionnisme pour faire face à l’avenir, grosse pression sur les enfants. Ils veulent des enfants parfaits, excellents (« enfant rêvé » plutôt que réel). Malgré de bonnes intentions ils imposent alors à leurs enfants une trop grande variété d’activités pour les stimuler au maximum et des emplois du temps surchargés vers un seul but : être les meilleurs ! Vrai problème surtout que les parents ont moins d’enfants et mettent donc tout le paquet pour tout leur donner et attendent beaucoup d’eux en retour.

Ne pas oublier de les consulter, de tenir compte de leurs goûts car le plaisir est un grand réducteur de stress et il est fondamental dans les apprentissages (« Si on ne vit pas de plaisir durant une activité, on la subit. »). Or, c’est par le jeu que l’enfant éprouve le plus de plaisir, donc les laisser jouer librement et spontanément sans leur proposer uniquement des jeux éducatifs, leur laisser du temps libre et vide…Les enfants doivent absolument flâner, perdre leur temps, s’amuser, s’ennuyer (Risque sinon d’être incapable de s’occuper par eux-mêmes et de ne pas savoir quoi faire sans les adultes et ce qu’ils ont planifié pour lui.) C’est très important pour développer leur imagination qui est une des échappatoires du stress.

Cela va également permettre d’éviter les maladies psychosomatiques, ainsi que les troubles physiques (constipation, diarrhée, maux de tête, de ventre de dos, sommeil ++ ou – -) les troubles du comportement (bégaiement, agressivité, irritabilité…) ou les troubles cognitifs (concentration, motivation, rigidité…). Cela arrive notamment quand l’enfant se voit forcé de fournir un rendement de qualité dans un temps limité (examen, compétition).

En Conclusion : Misez sur la relation !

Il ne faut jamais oublier que le plaisir d’apprendre s’inscrit avant tout dans les relations que l’on vit avec son enfant.

En mettant l’accent sur la Relation on prévient l’excès de stress et tous les autres manques. Toutes les activités partagées, y compris les activités d’apprentissage et de performance, peuvent être sources de joie, de complicité et d’amour si l’on se rend disponible pour l’enfant.

Il est très important de le rassurer régulièrement sur le fait que votre attachement est inconditionnel, peu importe les résultats qu’il obtient. En cas d’échec, cela ne remet aucunement en cause ses capacités, sa valeur personnelle et l’amour que vous lui portez.

Toujours souligner ses efforts et ses forces.

Respecter son rythme et sa personnalité.

S’interdire toute violence, notamment dans les mots qui ne doivent jamais être blessants.

L’encourager à rire, chanter, danser, à vivre le plaisir, à se centrer sur des pensées positives.

Utiliser son imaginaire pour se détendre et résoudre les conflits.

Quand le besoin fondamental d’attachement est comblé et que l’enfant possède une bonne estime de lui, c’est-à-dire quand il a sa ration affective quotidienne et qu’il a le sentiment de sa valeur personnelle, l’enfant pourra mobiliser toutes ses énergies et forces pour faire face aux situations, défis, épreuves de la vie et être pleinement lui-même.

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